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L'abbaye de Nizelles sise aux confins d'Ophain et de Wauthier-Braine.
                              Les lieux au XVIIIème siècle.
                              Dessin du R.P. Norbert ELOY.

Sources :
Le présent parcours historique a trouvé ses sources de documentation dans les études suivantes  :
- René PEDE : "1441, une fondation cistercienne tardive : l'ancienne abbaye de Nizelles" - Glanures au fil du temps - Revue du Cercle d'Histoire et de Généalogie de Braine-l'Alleud - novembre 1990/juillet 1991. Contact : brania@skynet.be
- Martine GILLIS : "L'ancienne abbaye de Nizelles" - Etude architecturale - 1986 - Mémoire présenté en vue de l'obtention du grade de licenciée en archéologie et histoire de l'art. U.C.L.

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                           Vue aérienne du site de l'abbaye.

 

 

1. Naissance de l’abbaye : la fontaine Notre-Dame au Chêne usé.

Le 25 juin 1439, l’abbé de l’abbaye cistercienne de Moulins (vallée de la Molignée entre Namur et Dinant – entité de Anhée, village de Warnant), Pierre d’Amsterdam, ne se sentant plus en sécurité en raison de nombreux conflits locaux entre les Princes de Lièges et le Comte de Namur, achète à Jean Wittebore le fief de la chapelle de Nizelles situé sous Ophain, à la limite de Wauthier-Braine, contenant environ neuf bonniers (soit environ neuf hectares) de terre dont trois sont entourés de vieilles murailles et englobent dans leur enceinte une chapelle en ruines (probablement construite au XIIème siècle) dédiée à Notre-Dame ainsi qu’une source dite miraculeuse dénommée « fontaine de Notre-Dame du Chêne usé ».

 

 

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                          Descente vers la source miraculeuse.

  

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                                       Base de la source.


En août de la même année 1439, l’abbesse du Chapitre noble de Nivelles, Christine de Franckenberg promet de contribuer à l’érection d’un prieuré à cet endroit et prend notamment engagement pour une libéralité de « douze cens pietres de prest argent… », selon un écrit du 15 décembre 1439. Elle fut ainsi reconnue comme la première et principale fondatrice de l’abbaye.


 

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                Ecrit du 15 décembre 1439 (collec. famille Desenfans).

 

 

Le 18 septembre 1440, Jean de Bourgogne, évêque de Cambrai, donna la permission d’ériger un monastère cistercien à Nizelles

Le 18 juin 1441, à la requête de Philippe Duc de Bourgogne, les abbés des abbayes d’Aulne et de Cambron, commissaires de l’Ordre de Cîteaux pour les diocèses de Liège et de Cambrai, reconnurent officiellement, après avoir visité les lieux, l’incorporation du monastère de Nizelles à l’Ordre de Cîteaux. Le même acte stipule que Nizelles est une filiation du monastère de Moulins.

 

 

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                                    Entrée principale de l'abbaye.

 

 L’abbaye de Nizelles est une fondation tardive de l’ordre de Cîteaux. En effet, la plupart des grandes abbayes cisterciennes furent fondées au XIIème siècle. Citons notamment Orval (1132), Les Dunes (Coxide-1138), Villers-la-Ville (1146), Aulne (1147), Cambron (1148)…

Alors que le XIIIème siècle connut la prospérité de ces abbayes, le XIV siècle reflétait déjà un certain déclin de l’ordre.

 

En réalité, comme nous l’avons évoqué ci-devant, cette fondation tardive à Nizelles s’explique par le fait que les religieux de Moulins souhaitaient essentiellement construire un refuge pouvant leur servir de lieu de retraite en cas de troubles dans leur contrée. Ce n’est, en fait, que suite aux libéralités de l’abbesse de Nivelles que le prieuré fut directement érigé en abbaye indépendante incorporée à l’Ordre de Cîteaux et placée sous la direction d’un père abbé.

 

           Vue_lat_rale_edited

                                   Vue latérale Sud-Est des bâtiments.   

 

 

2. Topographie

Située au creux d’un vallon, entourée de bois et de champs, l’abbaye de Nizelles est contiguë à la ferme abbatiale qui la surplombe. Une source souterraine coule vers le puit situé dans le jardin. Elle fournissait l’eau nécessaire aux religieux puis s’en allait vers le Nord alimenter les étangs en y activant un moulin. Les terres entourant l’abbaye sont de très mauvaise qualité et pratiquement impropres à la culture. Il s’agit pour la plupart, de terres sablonneuses et de prairies souvent marécageuses.

                  

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                            La ferme de l'abbaye dite de "Haute Nizelles". 

La physionomie du site a été considérablement modifiée par la construction de l’autoroute Bruxelles-Mons-Paris et particulièrement la bretelle de jonction du ring Est-Ouest de Bruxelles. L’environnement pittoresque d’antan a été considérablement dégradé…

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                            Les lieux vus par satellite (Google Earth).
          
3. Toponymie

 

Le nom de Nizelles semble trouver son origine dans des racines germaniques : 

« NIWJA » voulant dire « nouveau » et « SALI » signifiant « maison ne comprenant qu’une pièce ».

La plus ancienne mention de ce toponyme remonterait à l’année 1173. Au cours des siècles, l’appellation connut plusieurs variantes : Nizelle, Niselle, Nizella, Nisella, Nysele, Nyzelle, Nyzeel, Nyzella, Nisel, Nizelles.

La communauté religieuse qui s’y établit adopta simplement la dénomination topographique préexistante.

 

 

4. Armoiries

 

                            Blason_abb

                              Armoiries de l'abbaye de Nizelles.
                                     Dessin réalisé par 
                       Mémoire du Patrimoine Héraldique Hainuyer.

            "d'argent chargé d'un N de sinople posé sur une crosse en pal,
             accompagné à dextre et à senestre de deux ailes de synople."

Souvent les cisterciens se bornèrent à reproduire les armes de leurs fondateurs ou de leurs principaux donateurs en y ajoutant ou retranchant parfois quelques détails. Certaines abbayes font figurer sur leur blason l’initiale ou les premières lettres de leur nom. D’autres enfin font allusion au nom même du monastère souvent au prix d’un jeu de mots d’un goût parfois douteux. C’est le cas de Nizelles.

Nous avons vu ci-avant que l’abbé de Cambron (Nicaise Ninem) et l’abbé d’Aulne (Gobert) furent délégués par l’abbé de Cîteaux pour visiter les lieux où l’abbesse de Nivelles se proposait de fonder le monastère à Ophain. L’abbé Ninem de Cambron avait un blason de sinople (vert) chargé d’un « N » posé sur une crosse en pal (verticalement). Le premier abbé de Nizelles s’est donc fortement inspiré des armoiries personnelles de l’abbé de Cambron, le « N » de Ninem pouvant très bien convenir à celui de Nizelles.

Ce blason de l’abbé de Ninem fut cependant quelque peu transformé pour devenir des « armes parlantes ». En effet, on ajouta à droite et à gauche du « N », deux ailes, ce qui donne le rebus suivant : 

 

                       Parlantes

D’autres armoiries peuvent encore être découvertes sur le site de l’abbaye.

Mentionnons notamment :

a. Les armoiries de Jean d’Assignies, abbé de 1619 à 1640, mort en 1642 :

« fascé de gueules et de vair de six pièces ».
Elles apparaissent sur le manteau de la cheminée de l’abbaye avec la devise « Cultus justiciae silentium » et la date 1620.


          Chemin_e_site_edited

            

b. Les armoiries de Pierre van Hame (ou van Hamme), abbé de 1736 à 1765, mort en 1765 : 

« d’or au chevron de sinople accompagné de trois fleurs de lys de gueules ».
On retrouve ces armes accompagnées de celles de l’abbaye ainsi que la date 1757 sur la pierre surmontant la porte offrant le passage du cloître vers le jardin.

 

           Passage_site_edited    

         

c. Les armoiries attribuées à l'abbé Jean Pennemans, abbé de 1701 à 1723 :

"de gueules (?) à trois gerbes liées posées 2, 1.".

Ces armoiries n'apparaissent pas sur une pierre des bâtiments de l'abbaye mais bien au dessus de la porte du corps de logis de la ferme voisine dite de Haute-Nizelles. Les gerbes sont une allusion à la grange que fit construire l'abbé où s'entassaient les réserves de blé.
Date 1718 et devise "Requiem in labore" gravées sur la pierre.

L'abbé Pennemans se serait inspiré des armes de la famille brabançonne Penneman qui portait "de gueules à trois rocs d'or" en remplaçant les rocs par des gerbes.

 

 

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d. Les armoiries figurant sur la porte intérieure du salon rouge (bâtiment des moines).

Sur le panneau du haut, "d'azur au chevron d'or accompagné de deux poissons et d'un oiseau du même, les poissons posés en chef."

Sur le panneau du bas, une représentation déformée des armoiries de l'abbaye : la crosse qui devrait être posée en pal sur le "N" est devenue une tête de lévrier placée en médaillon...

                  

                         Porte_site_edited

 

Selon nos sources précitées, l'artiste qui s'est chargé de ce travail en 1959 s'est inspiré du panneau d'une ancienne porte peinte qui était à l'époque accrochée au mur du cloître ainsi que du blason repris au dessin du père Eloy de 1952 (coin inférieur droit).

 

                                       Nizelles_poissons

 

La banderole chargée de "Pace in silencio" a été oubliée mais on peut lire dans les coins supérieurs de la porte "In labore requies".

Madame Gillis évoque la thèse selon laquelle le panneau porterait la représentation des armes de l'abbé Fortamps lequel, ne possédant pas d'armoiries familiales, aurait emprunté celles d'un patronyme proche à savoir "Forteau" en remplaçant deux des trois oiseaux par deux poissons.
La famille Forteau portait : "d'azur au chevron d'or accompagné de trois oiseaux du même".
Monsieur Pède ne peut la suivre dans cette voie et soulignant que Madame Gillis n'a visiblement pas eu connaissance du fait que la famille Fortamps possèdait bien des armoiries propres : "d'azur à trois trèfles d'argent". D'origine nivelloise, une branche de cette famille s'installa à Braine l'Alleud au XVIIème siècle et plusieurs de ses membres furent des personnalités marquantes de cette cité. Il est donc peu vraisemblable, conclut Monsieur Pède, que l'abbé Fortamps ait cru bon de transformer ses armoiries familiales à ce point.

La devise "In labore requies" ne nous aide pas d'avantage dans notre recherche lorsque l'on se souvient qu'elle était celle de l'abbé Penneman dont nous avons parlé ci-avant.

Le mystère des armoiries représentées sur le panneau supérieur de cette porte reste donc entier à ce jour.

 

e. Les armoiries de l'abbaye

figurant sur le linteau de la porte du bâtiment des moines, côté Est.

On y découvre également les mentions "Nizella" et la date "1726".

 

 

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 5. Le père Dom Bernard de Montgaillard (1562-1628).

 

 

 

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                                           Liste des abbés.

 

Parmi tous les pères abbés dont la liste figure ci-dessus, Bernard de Montgaillard fut, de loin, le plus illustre.

 

 

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                  Bernard de MONTGAILLARD - Gravure par l'abbé N. Tillière

Il naquit le 3 décembre 1562, et entra encore jeune à l’abbaye de Feuillant, près de Toulouse. Jean de la Barrière venait de commencer la réforme de cette abbaye, en 1573. Lorsque celui-ci fut invité par Henri III à fonder un couvent à Paris, rue Saint Honoré, il choisit Bernard comme supérieur. 

Au moment où la Ligue divisa l’adhésion des français à Henri III qui fut accusé de favoriser les Huguenots, Barrière resta fidèle au roi, tandis que Montgaillard s’opposa, tant à son supérieur qu’au roi.
Lorsque le Pape convoqua les chapitres généraux des Feuillants en Italie, afin de les réconcilier avec les cisterciens, les deux hommes étaient toujours en dispute, pour des raisons que les historiens d’aujourd’hui ignorent. Toujours est-il que le légat du Pape imposa à chacun d’eux de se démettre de ses fonctions. Jean de la Barrière fut démis et assigné à résidence à Rome. Bernard de Montgaillard fut expulsé de la congrégation des Feuillants et, à cause de son opposition au roi de France, il fut envoyé à l’abbaye Saint Sauveur d’Anvers, en Belgique, réputée à cette époque comme étant la « prison de l’Ordre Cistercien ».
Bernard y reçut finalement l’habit cistercien, avant de se faire remarquer par les archiducs Albert et Isabelle. Ceux-ci le choisirent comme prédicateur ordinaire et le nommèrent abbé de Nizelles. Il y exerça sa charge de 1601 à 1605.
Lorsque l’abbé d’Orval mourut en 1605, Bernard se fit nommer à la tête de cette abbaye par l’archiduc, malgré l’opposition irréductible des moines ; il y pénétra le 30 juillet 1605 accompagné des ... dragons de son protecteur. Dom Denis Largentier, abbé de Clairvaux et partisan de la réforme cistercienne, vint à son aide afin d’apaiser les esprits. Malgré cette aide extérieure, Bernard, que l'on appelait le "Petit Feuillant", dut lutter de longues années pour se faire accepter par sa communauté. A force de patience et de sang froid, il rendra à l'abbaye d'Orval le lustre qu'elle menaçait de perdre et sera retenu par l'histoire comme "le plus illustre des abbés". 

 

 

6. La malheureuse histoire de l'abbaye.


Dès le début de son existence, l’abbaye de Nizelles connut bien des situations difficiles. En premier lieu, parce que l’abbesse de Nivelles ne put tenir sa promesse de pourvoir « à tout ce qui est nécessaire » en raison, semble-t-il, de l’opposition  manifestée par sa famille à l’égard de ses engagements (cette dernière s’en acquittera toutefois au décès de l’abbesse). Le premier abbé, Jean Eustache, confronté à de graves difficultés financières, obtint de Philippe, duc de Bourgogne, par donation, ainsi que du doyen de Saint-Lambert à Liège, par dispositions testamentaires, d’importantes sommes d’argent mais, avant qu’il ait pu en faire usage, tout cet argent lui fut volé…

Divers dons de personnes pieuses permirent à l’abbaye de subsister tant bien que mal. Des héritages, acquisition de privilèges, droits de chasse et de pâtures ainsi que des échanges de terres apportèrent enfin une certaine aisance à la fin du XVème siècle.

Un premier incendie survint durant l’hiver 1502-1503 ; il fit s’effondrer bien des espoirs. Un incendie «de pur hasard » qui n’aurait laissé que cendres de l’église, du dortoir et de toutes les annexes. D’une destruction aussi totale où tout périt, on peut émettre l’hypothèse que ces constructions étaient légères : peut-être le système de colombage ou du pan de bois reposant sur un soubassement pierreux, le tout probablement couvert d’un toit de chaume.

L’abbaye fut reconstruite grâce à de nouveaux dons et la nouvelle église consacrée en novembre 1506.

Mais les temps étaient troublés. Les guerres de religions, les Gueux et, profitant des dissensions intérieures, les Français qui tentèrent de s’emparer du pouvoir. Ces derniers, retirés dans Hal, en furent délogés en 1577. Ils se répandirent dans le voisinage et boutèrent le feu à de nombreuses maisons religieuses. Nizelles  brûla partiellement. S’en suivit une dispersion des religieux ruinés.

 

 

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                       Les ruines actuelles de l'église (dernier incendie en 1845).

En 1601 arriva Bernard de Montgaillard (cf. supra). Favorisé par les archiducs Albert et Isabelle, il souhaitait faire de Nizelles un noviciat général de l’Ordre pour l’ensemble des Pays-Bas. Il y fit édifier un très beau jardin et quelques petits bâtiments destinés aux novices. Le projet s’arrêta toutefois en 1605 lorsqu’il fut nommé à Orval.

Mais, toujours grâce à des bienfaiteurs, la reconstruction de l’abbaye se poursuivit ce qui permit un nouveau départ. 

Des bâtiments furent érigés durant le XVIIIème siècle comme en témoignent deux pierres armoriées :

- la pierre portant les armoiries de Nizelles et les mentions "Nizella" et "1726" ;

- la pierre datée de 1757, portant les armoiries de Nizelles et de celles de l’abbé van Hame, qui marquait probablement la fin du gros œuvre de travaux qui s’étaleront encore sur une vingtaine d’années.

 

 

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                           Les lieux au milieu du XVIIIème siècle.
          Basse_Nizelles

 

En octobre 1782, Joseph II songea sérieusement à supprimer les ordres purement contemplatifs et il se pouvait que celui de Cîteaux fut compris parmi eux. La menace fut mise en exécution par le décret du 17 mars 1783. L’abbaye de Nizelles cessa officiellement d’exister le 19 avril 1784.

Si le monastère put survivre jusqu’à cette date en dépit des calamités, ce fut certes grâce aux nombreuses libéralités dont il bénéficia mais également au travail des membres de sa communauté, des ouvriers et tâcherons occupés dans ses forêts et enfin grâce aux revenus de ses propriétés foncières. 

 

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                   Le chemin de Nizelles serpentant à travers les bois.

 

 7. Une propriété privée.

Dès avril 1784, Henry Baugniet fut nommé administrateur des biens de l’abbaye pour le compte du « Comités de la Caisse de Religion ». Il en dressa l’inventaire et arriva à la conclusion qu’il convenait de transformer le domaine religieux en deux fermes distinctes afin d’en retirer le maximum de revenus. Des dépenses s’élevant à 15.000 florins furent engagées pour effectuer des transformations à la ferme de Haute-Nizelles et convertir l’abbaye en cense de Basse-Nizelles. A partir de ce moment, les deux entités connurent une destinée propre. D’abord exploitées sous baux à ferme, elles furent ensuite vendues à des particuliers à la fin du XVIIIème siècle.

 

 

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                                      La cense de Haute-Nizelles.

La Basse-Nizelles deviendra notamment la propriété de M. D. Vanham, de la famille Boeykens et, en 1928, celle des chanoines prémontrés de Bois-Seigneur-Isaac. En 1937, elle fut cédée à Mademoiselle Valentine Desenfans qui en confia l’exploitation à Victor Hussin tout en gardant quelques pièces à titre personnel. Elle fit creuser de nouveaux étangs en 1938 et, vers 1950, décida de faire rehausser la tour qui se trouve à l’extrémité de l’aile méridionale. Des modifications des ouvertures dans les murs des étables et des écuries furent également effectuées.

En 1974, ses héritiers vont vendre le bien qui sera acquit par M. Daniel Bivort qui entreprendra de vastes travaux afin de rendre à l’abbaye une partie de son aspect original : suppression des cloisons, réhabilitation du cloître, restauration des baies, sablage des façades…

A l'intervention du comte Ruggero Melan di Portula et de son épouse, l’ancienne abbaye poursuivit sa transformation.

Le XXème siècle se terminait lorsque le hasard guida les pas du comte Eric d'Humilly de Chevilly à l'Abbaye de Nizelles, une fois encore délaissée et en triste état. Tombé sous le charme du site, il l'acquit le 22 décembre 1999 et depuis n'a eu de cesse de le restaurer.

"Une véritable raison d'être", selon ses propres termes.

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Afin de financer les travaux et l'entretien de la propriété, le comte d'Humilly en fit un splendide lieu de réceptions, de rencontres culturelles et de séminaires.

Ce compromis permit de conserver, en dehors des périodes de location, l'âme et l'aspect privé des lieux, chers à son propriétaire.

           Nizelles
                        Concert Haydn à l'abbaye - Octobre 2009.

                                       

8. Visite privée des lieux.

 

 

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                                               Le cloître.

 

          Salon_bleu_site_edited
                               Bâtiment des moines (le salon rouge).

 

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                               Bâtiment des moines (le grand salon).

 

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                                                L'Orangerie.

 

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                                   L'Orangerie - Vue extérieure.

 

          Est_edited
             La façade Est du bâtiment des moines et les ruines de l'église.

 

           Ouest_edited
                 La façade Ouest du bâtiment des moines et l'Orangerie.

 

           Le_Clo_tre_ext_rieur_edited
                        Vue extérieur du cloître et de la tour-colombier.

 

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                                                 Le vivier.

 

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Seconde entrée de l'abbaye par laquelle nous quittons ces lieux imprégnés d'histoire.

Yvonne Du Jacquier, écrivain attachée aux beautés et aux traditions de notre roman pays écrivait en 1947 :

 

"De toutes ces chapelles, de tous ces lieux de pélerinage, Nizelles nous paraît le plus touchant. Dans la paix et le silence, on évoque mieux que partout ailleurs, l'âme des disparus, les naïves dévotions et la poésie qui jaillit de ce sol où se succédèrent tant de générations, souvent douloureuses, certes, mais jamais vaincues et toujours prêtes à renaître après les plus rudes épreuves". 

Légendes et traditions en roman pays de Brabant, in Revue du Touring Club de Belgique, n°18, page 195 (septembre 1947).